



PROLOGUE
Le gamin courait en hurlant dans le jardin. Un sac en toile rouge dans les mains, il grimpa les marches de l'entrée de la maison et tambourina sur la porte. Pas de réponses. Frustré, il prit sa respiration et...
- MAMAAAAAN !
Une fenêtre s'ouvrit. Il leva les yeux et vit sa mère, le teint pale et triste sous une cascade de cheveux blonds.
- Qu'est ce qui t'arrives mon chéri ?
- Regarde m'man, y'a petit lapin qui bouge plus, dit-il en lui montrant la petite créature recroquevillée au fond du sac.
Elle ne put s'empêcher de sourire devant la mine innocente de son fils de cinq ans.
- Ça veut dire qu'il est mort, mon chéri. Souviens-toi, il était souffrant depuis déja quelques jours et il a fait très froid cette nuit. Ne t'en fais pas, je suis sur qu'il est dans un monde meilleur maintenant. Mais tu devrais le jeter, il va nous amener des maladies sinon.
- Le jeter ? Ah bon, d'accord...
Elle regarda son fils partir en trainant les pieds, se demandant ou il allait bien pouvoir s'en débarrasser. C'est toujours difficile pour un enfant de comprendre ce qu'est la mort, pensa-t-elle.
Le chien du voisin se régala ce soir-là.
Quelque jours plus tard, le gamin revint chez lui après avoir jouer avec les enfants du village. Tout rouge d'avoir couru, il ne pensait qu'à une chose : boire. Il se dirigea vers le tonneau d'eau quand il entendit des voix à l'étage. Intrigué, il monta les escaliers. Les bruits se firent de plus en plus net au fur et à mesure qu'il approchait jusqu'à devenir des ... pleurs ?
- Qu'est ce qui t'arrives, papa ?
Un visage inondé de larmes se tourna vers lui.
- Mon fils ! C'est affreux, ta mère est... elle est morte !
Le père le prit dans ses bras et lui caressa doucement les cheveux. Les larmes coulaient dans le dos du gamin et les reniflements résonnaient dans ses oreilles.
- Elle est morte ? Il faut la jeter alors ?
Les caresses s'arrêtèrent aussitôt.
CHAPITRE 1
Trigard. C'est vraiment une ville magnifique , ou les gens prennent le temps de s'arrêter pour vous regarder passer avec de grands yeux ronds. Mais pas trop près quand même. Les mères gardent leurs enfants près d'elles, les plus jeunes se retiennent de hurler. Je leur répond d'un signe amical, et les plus couards rentrent s'enfermer chez eux en courant.
Non, je corrige : ils ne font ça que pour moi. Magnifique ville, vraiment.
- Je vous rappelle que j'habite ici, je suis bien obligé de passer par là pour
rentrer chez moi, leur dis-je. Si je pouvais vous épargner la vue de ma personne qui a l'air de tant vous choquer, c'est avec plaisir que je le ferais !
Aucune réactions. Bah, comme si ça devait changer un jour.
- Bonne soirée quand même !
Et je continue ma route. Je sens les regards se poser sur mon oeil et j'entend les gamins chuchoter à leurs parents. Maman, il a quoi à l'oeil ? - Chut, il va nous entendre !
J'arrive devant chez moi. Mon chez-moi est isolé de la ville, c'est plus tranquille. Construite entièrement de mes mains, et je n'en suis pas peu fier. Mais je n'avais pas tellement le choix, je ne pense pas que les habitants de Trigard m'auraient laisser habiter près de chez eux.
Simple intuition. Je ne leur en veut pas.
J'entre dans le jardin et m'arrête aussitôt. Une bête noire s'est endormie sur l'herbe et elle me tourne le dos. Je retire doucement mes chaussures et m'approche d'elle jusqu'à entendre son souffle. Je jette une des chaussures sur sa tête, elle se réveille en grognant, surprise. Je saute sur elle et nous roulons sur l'herbe. Sa mâchoire claque au dessus de mon visage, je tente de lui bloquer les pattes. Puis je la plaque sur le dos. Complètement paralysée, la bête grogne en tentant de se dégager puis ... elle me lèche le visage.
- Ah non Gratz, pas ça ! Pas le visage ! Saleté de chien !
Je me relève précipitamment en m'essuyant le visage avec la manche de ma veste. Gratz saute autour de moi, réclamant toute mon attention.
- Tu veux jouer, c'est ça hein ? Tiens, regarde ce que je t'ai apporté !
J'ouvre mon sac de toile et lui montre la tête. Gratz aboie de joie et saute de plus belle.
- Tu as de la chance, celui-ci est chauve. Comme ça tu ne t'étoufferas pas comme
avec le dernier hein ? Allez, attrape !
Je jette la tête et il se met à courir après. Brave chien, toi au moins tu trouves un avantage à mon... métier.
J'entre chez moi. Quel plaisir d'enfin rentrer chez soi après une semaine d'absence. Une odeur de renfermée hante les lieux, que je chasse en ouvrant toutes les fenètres. La lumière dévoile un début de poussière sur les meubles que je chasse d'un revers de la main.
Puis je monte dans la salle d'eau. Je remplis le tonneau d'eau grace à un système de pompe que j'ai conçu. Ça aussi, jen suis fier. Je dispose ensuite des buches en dessous, que j'allume afin de faire chauffer l'eau. Quoi de mieux qu'un bon bain brulant le soir pour se détendre ?
Je me regarde dans le miroir. Mes cheveux longs et gras tombent sur mes épaules. Ma barbe d'une semaine me gratte affreusement. Mes yeux sont soulignés par de grandes cernes. C'est vrai, je comprend pourquoi les gens me regardent bizarrement, je ne suis vraiment pas terrible à regarder en ce moment.
Mais ce n'est pas ça le pire.
La longue entaille qui part du haut de mon front jusqu'à la base de mon nez n'est pas sup
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