



Peur ancestrale
Ils étaient trois. Trois silhouettes, découpés par la lumière. Les ténèbres les enveloppaient dans leurs manteaux d'ombres, rendant leur apparence floue. Un fin rayon lumineux les éclaira. La Lune irradiait dans ce ciel d'un noir d'encre, où les étoiles scintillaient, émettant une faible mais réconfortante lumière.
Les trois hommes étaient grands, et bâtis comme des armoires à glace. Mais, ils marchaient courbés comme si un poids lourd pesait sur leurs épaules. Leurs uniformes étaient boueux et par endroits éliminés et déchirés. Ces marines ne portaient pas leurs casques et allaient tête nue. Leurs courts cheveux étaient baignés de sueur et paraissait luire à la lumière. Leurs armes pendaient mollement le long de leur corps. Un seul mot pouvait les décrire: épuisés. Pourtant, on pouvait se douter que quelque chose avait causé leur épuisement. Ou peut être même quelqu'un...
« Vasquez!, cria l'un d'eux, dépêche toi! »
L'un des silhouettes s'avança vers son compagnon, et le frappa sur l'épaule. L'homme sursauta et répondit d'une voix mal assurée:
« Quoi?! »
« Viens, on repart. », lâcha simplement le soldat avant de se détourner.
« Et, tu veux qu'on aille où comme ça?! »
« Il faut y aller, ils vont nous tomber dessus avant qu'on sache qu'ils sont là! »
« Rien à foutre, reprit Vasquez, Paul, t'es fou! Ils nous retrouverons de toute façon! On a déjà abandonné le reste de nos frères d'armes. Ils sont morts. »
« Je sais, concéda Paul d'un ton calme, mais, il ont péri pour nous laisser une chance de perpétuer leur mémoire. Il ne faut pas se laisser abattre. »
« On n'y survivra pas, tu le sais très bien!!, hurla presque son ami, autant se battre et expédier quelqu'un six pieds sous terre!! Personne ne nous reverra, pas même ta fiancée ,Paul! »
Parler de sa petite amie fit un plus grand choc sur Paul que ne l'aurait cru Vasquez. L'homme cessa d'argumenter et recula, hébété, comme sous l'effet d'un coup de poing. D'un geste rageur, il mit son casque sur la tête et le brancha rapidement à son interface. Puis, il répliqua:
« Je la reverrai Vasquez, j'en fais le serment! »
« Bah, se moqua gentillement son ami, tu n'y survivras pas, à quoi bon... »
Une voix lourde de menace s'éleva tel un écho et leur parvint:
« Taisez vous! Comportez vous comme des marines! », ordonna le sergent Hammann de sa voix de stentor.
Aussitôt, les deux hommes se turent. Et vinrent se placer près de leur sergent. L'homme revissa sa casquette sur son crâne chauve et leur dit:
« J'en ai plus que marre de vos jérémiades! On va sortir d'ici. Et, si on y arrive pas, au moins on leur offrira de quoi ne pas s'ennuyer, ok? »
« Oui, monsieur. », répliquèrent-ils à voix basse.
C'est alors qu'un bruissement leur parvint sur la droite. Aussitôt, ils se tournèrent, fusils d'assaut levés, doigts sur la gâchette. Paul baissa son viseur optique, le ramenant de son casque à son oeil. Malgré sa vision nocturne, il ne distinguait rien, ne pouvant que voir les effets du vent sur les buissons et les gémissements des feuilles.
« Qu'est ce que c'était? », chuchota Vasquez.
Hammann ne distinguait rien malgré la faible mais précieuse lueur lunaire. Ses mains tremblaient, et il tentait de se maîtriser. C'était la deuxième fois que la peur venait ainsi le faire chanceler. La première fois, la quasi totalité de la section avait été anéantit. Qu'arriverait-t-il cette fois?
Vasquez recula, petit à petit, gardant toujours un oeil sur les buissons. Il se doutait que ces démons allaient encore leur fondre dessus. Mais, pourquoi diable attendaient-ils avant de passer à l'action? Ces créatures étaient énigmatiques. Parfois, elles vous fondaient dessus tel un félin impatient et souvent, elles attendaient tel le chasseur face à sa proie. Voilà ce qu'elles étaient, pensa Vasquez, des prédateurs inhumains. Le jeune homme espéra qu'il avait tort.
Hammann entendit ses hommes reculer. Ils ne devaient pas, ils devaient ne montrer aucune faiblesse. Il tourna la tête et les interpella;
« Ne fuyez pas! C'est ce qu'ils veulent! »
Après un long moment, Paul s'arrêta et mis un genou à terre. Puis, il conseilla à son ami de faire de même. Mais, malheureusement pour lui, Vasquez continua. Il gémissait:
« C'est comme la dernière fois, c'est pareil! Ils vont nous fondre dessus. Et, on va tous mourir! Je ne veux pas! »
Puis, il se tourna et fonça vers la forêt. Hammann et Paul crièrent.
Un être se positionna face à Vasquez. On aurait dit qu'il sortait de nulle part, qu'il était venu ici, tel un fantôme. Ou une ombre. La nuit l'enveloppait, mais à cette distance, Paul distinguait nettement sa taille.
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Tags : Catégorie : SF, Fantasy et Terreur Public : Ado Nbre lectures : 392 Label(s) : Aucun License :
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