La Quadrature du Cercle

Résumé : Au 26em siècle, l'humanité a quitté la terre pour coloniser de nouvelles galaxies. L'une d'entre elle, Sirius, est contrôlée par un organisme s'inspirant du code Napoléon : Le Cercle des Maréchaux. Mais dans l'ombre, un ennemi implacable oeuvre à la déstruction du Cercle. Au terme d'un noir complot, une poignée seulement des membres du Cercle sera encore en mesure de s'opposer à l'opprésseur. A moins que les Elus, une mysterieuse race d'éxtra-terrestre ne viennent une nouvelle fois à leur aide...
///5/// planer dans l’eau au-dessus de cette scène complètement irréelle vu les lieux. Elle tintait sourdement, son intérieur frappé par plusieurs chaînes rouillées qui avaient remplacé le battant. Toute la cale était baignée dans une lumière rougeâtre s'échappant des fissures de la coque.





Hell’s Bells

Soudain deux prêtres noirs se dirigèrent vers les humains enchaînés. Pendant qu'ils libéraient une jeune femme de ses liens, deux autres approchaient une échelle de la cage du ver. Ils traînèrent leur victime derrière en s’aidant de la chaîne attachée au collier qu’elle portait autour du cou, Un la tirant, l’autre la poussant à l’aide d’une pique, ils la forcèrent à gravir les barreaux. Après quelques minutes d’effort, ils le hissèrent enfin sur le sommet de la cage. Ils entrouvrirent la trappe grillagée qui fermait la cage du monstre et la précipitèrent à l'intérieur. Elle ne toucha même pas le sol, le ver rapide comme l'éclair, s'était déjà précipité sur elle. Ses tentacules buccaux l'enserrèrent de toutes parts et la dirigèrent vers sa bouche grande ouverte.
Jack n'y tint plus. Il se précipita, son couteau à la main, vers la cage en palmant furieusement. Aussitôt toute la scène disparue dans un grand éclair blanc. Il se retrouva seul face à une moule géante. Hagard et tremblant il remonta vers la surface. Il se hissa avec difficulté dans le canot et se dirigea lentement vers la grève. Après un repas pris sur le pouce, il s’installa dans son cocon de survie et programma huit heures de sommeil sans rêve.
Le lendemain et le surlendemain, il replongea sur le site du galion. Plusieurs fois, il fut attiré dans la cale par l’appel de la cloche engloutie. Il ne résistait jamais longtemps avant d'essayer de nager au secours des malheureux sacrifiés et jamais il ne parvenait pas à s'intégrer à ce cauchemar aquatique. Impossible pourtant de rester inactif devant ces messes noires tellement elles avaient l'air réelles.
Après une nouvelle plongée qui s’était encore une fois achevée en queue de poisson, il palmait lentement dans les coursives en direction du pont supérieur quand la cloche se remit à tinter dans le lointain, ses ondes sonores impalpables poussaient le plongeur vers une fausse direction.
Il tourna et retourna dans les couloirs sans pouvoir retrouver la sortie. Au bout d'un moment il comprit qu'il était égaré dans le ventre du navire échoué. Il commença à s'inquiéter. Plus que dix minutes de réserve d'air pour rejoindre la surface. Neuf minutes plus tard, il tournait toujours en rond et la panique le gagnait. Il se propulsait de toute la vitesse de ses palmes à travers le labyrinthe vermoulu de ce vieux galion englouti. L'air commençait à lui manquait. Il suffoqua sous son masque. Son regard se voila de rouge et il perdit connaissance.
Il se réveilla pourtant à l'air libre. Il devrait pourtant être mort. Il se retrouvait nu et enchaîné au fin fond de la cale. L'eau s'était retirée, laissant de nouveaux place aux prêtres à face de poissons. Maintenant les clameurs de terreur emplissaient la cale et Jack criait à l'unisson. Maintenant il faisait partie intégrante de la scène et le tocsin de bronze sonnait pour lui. Les prêtres noirs cessèrent leurs prières et se relevèrent. Deux d'entre eux se dirigèrent vers le fond de la cale, droit vers lui. Ils l'empoignèrent et le détachèrent. De leur poigne d'acier ils l’entraînèrent vers la cage du ver monstrueux. Il se débattit, rua, cracha, insulta, supplia, mordit, griffa, mais inexorablement il se rapprochait de son destin. Il gravit les marches, tiré et poussé par ses deux tortionnaires. Tapie au fond de sa prison, l'immonde chose agita ses tentacules de contentement et retroussa ses lèvres fétides. Elle bava longuement. Son haleine empestait l’oeuf pourri et le renfermé. Les prêtres le poussèrent dans le dos. La chute dura deux secondes. Il hurla à pleins poumons. Il fut happé par des tentacules qui s'enroulèrent autour de sa taille. Il vit avec horreur la gueule béant du monstre se rapprocher de lui. Il fut propulsé dans le gosier de la créature. Il hurla une dernière fois et la nuit se referma sur lui.


Quinze jours auparavant dans l'avant poste de contrôle des LCDM au large de Kadesh, le sergent Yesyou s'ennuyait à cent sous de l'heure. Bientôt six mois qu’il était là, stationné sur ce minuscule satellite d’observation avancé à scruter ses écrans radars et ses détecteurs de failles spatio-temporelles. Six mois à ne parler à personne à part à son IA personnelle, mais les psychés informatiques manquaient sérieusement de fantaisie. Ce n’était pas la vacation vidéo de rapport mensuelle qui rompait sa monotonie non plus. L’officier qui le contactait semaine après semaine gérait tous les rapports de ce côté de la galaxie et les échanges étaient réduits au strict minimum. De plus il était censé rester le plus discret possible et la consigne était « silence radio » et on ne plaisante pas avec la consigne au cercle…
Le sergent Yesyou était un petit homme terne de quarante sept ans. Il flottait dans son uniforme froissé, trop grand pour lui d’au moins deux tailles. Sa chevelure brune était constellée de traits d’argent. Son front, rongé par la calvitie, remontait jusqu’au haut de son crâne. De ci de là, des touffes de cheveux rebelles voisinaient avec de méchantes pustules. Ses petits yeux porcins étaient abrités derrière une paire de lunette à monture métallique et à doubles foyers, car le malheureux était aussi myope qu’une taupe. Un nez crochu légèrement de travers et une bouche aux lèvres pales complétaient le tableau. Son corps était à l’avenant, le sergent mesurait un mètre soixante trois et était bâtis comme un moineau. Maigre comme un clou, on pouvait compter ses côtes à l’œil nu quand il se mettait torse nu. Ajoutez à ça une légère claudication, quelques tics répugnants, comme ce détestable mouvement de mandibule et de langue, accompagné d’un bruit de déglutition lorsqu’il réfléchissait. Rajoutez-y un caractère de cochon, des tendances à la tyrannie, un esprit psychorigide incapable de reconnaître ses erreurs, une hyper activité compulsive qui le poussait sans arrêt à entamer de nouveaux projets aussi vite abandonné que crée. Pour couronner le tout, mettez-y un don pour l’organisation proche du néant et un sens de l’humour des plus discutable et vous comprendrez aisément qu’on l’est muté sur ce satellite perdu.
Aussi quand les « incidents » commencèrent à se produire, il était seul face à eux et sa longue habitude de la discipline l’empêcha de contacter quiconque.
Ce ne fut d'abord que de vagues taches noires sur les murs. Mais ces taches là l'inquiétèrent beaucoup. On ne pouvait les décramponner des parois. Même l'essence et le White spirite restaient sans effet sur elles. Ces taches provenaient de nulle part. Un matin elles étaient là. Cinq taches noires et informes. Regroupées sur un seul des murs blancs de l’unité de détente du satellite.
Pendant dix jours elles lui tinrent tête. Le sergent avait reçu une éducation scientifique en plus de son entraînement militaire et ces taches insolubles et jaillis de nulle part l'intriguaient profondément. Son esprit logique recherchait une explication physique à cette soudaine apparition. Mais les taches restaient là, immobiles, imperturbables aux nombreux traitements qu'on leur faisait subir. Depuis dix jours elles restaient là. Elles demeuraient fixes sans vie apparente.
Au matin du onzième jour, en entrant dans l’unité de détente, l'homme eut une désagréable surprise. La pièce entière était recouverte de taches noires qui glissaient sur les murs et se déplaçaient en tout sens dans un balai infernal, comme autant d'éclairs noirs sur la blancheur des cloisons.
Le sergent, livide, referma la porte de l’unité de détente. Il cala un extincteur sous la poignée et se réfugia dans le module de contrôle où il s'écroula dans son siège. Il fut pris de tremblement irrésistible. Une sueur glacée coulait dans son dos. Il a

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Catégorie : SF, Fantasy et Terreur
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