Voyage au bout de la nuit
Résumé : Le récit du voyage de Ferdinand Bardamu, un Français parti pour la guerre de 14 et traversant l'Afrique puis l'Amérique pour revenir dans sa patrie natale, par lui-même.
Dès la première page, Céline (Louis-Ferdinand Destouches de son vrai nom) donne la couleur de son écriture : la langue orale. C'est en partie pour cela que le roman est, dans un premier temps, dur à lire et il est difficile d'y entrer complètement du fait de ce style déroutant et peu habituel. Pourtant, au fil des pages, on ne lit plus vraiment mais on écoute. Ce langage qui était en premier lieu posé sur du papier, surgi et reprend sa véritable apparence, celle de l'oral. On voyage ainsi avec ce personnage, Ferdinand Bardamu, bon Français qui s'engage pour le front de la Première Guerre mondiale et qui découvre l'atrocité du genre humain. Il est ensuite envoyé dans les colonies françaises d'Afrique noire puis se retrouve en plein New York faisant l'expérience de la modernité et de la nouvelle industrie né du Fordisme.
La critique de la société de l'époque y est constante, rien n'y échappe. Mais c'est parfois avec difficulté et avec choc que l'on découvre les conditions de vie de certains milieu aussi bien en Afrique où le racisme et la traite des noirs est de mise qu'en Amérique où les conditions de travail des ouvriers est parfois révoltantes ou qu'à Paris où il est difficile de vivre sainement tellement l'hygiène est peu présente.
Céline, au travers de son personnage, se fait donc l'observateur et le critique de la société du début du XXème siècle et nous emporte dans un voyage au bout de la noirceur de l'homme et de la vie jusqu'à ce demander si la mort, très présente dans le roman, n'est pas la porte du paradis et un remède aux souffrances et à la cruauté de l'homme.
Pour moi un des meilleurs romans, qui malgré son ambiance noire souvent morbide, arrive à peindre la réalité et à faire réfléchir le lecteur sur le monde qui l'entoure et, dans un cadre plus métaphysique pose la réflexion sur le genre humain et sur le mal qu'il engendre. Un classique à ne pas louper!